Homélie 16° dimanche temps ordinaire

Dimanche 18 juillet 2021
Prédication du Père Marcel Baurier
Cathédrale Sainte Marie

(Saint-Bertrand de Comminges)

Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, je les connais, et elles me suivent.

Ecoute, ton Dieu t’appelle : « viens suis-moi » (NE). Choeur dans la ville © A revoir sur YouTube
(Voir les paroles)

« Je ramènerai le reste de mes brebis, je susciterai pour elles des pasteurs »
(Jr 23, 1-6)

La première lecture est tirée du livre du prophète Jérémie. Au début du VI° siècle av. J.C., Jérémie perçoit clairement la catastrophe vers laquelle court le Royaume de Juda. Car les temps sont difficiles pour ce petit Royaume, pris en tenaille entre Babylone et l’Egypte. Saisi d’angoisse, il dénonce la corruption généralisée. Rejeté par les autorités royale et religieuse qui font tout pour le faire taire, il se retourne contre elles. Elles ont trahi leur mission et ont trompé le peuple. Car les responsables, quels qu’ils soient, dans leurs intrigues, magouilles et compromissions, se sont préoccupés plus d’eux-mêmes que du peuple et du bien commun.

Il convient d’être attentifs à l’image utilisée par le prophète : les responsables sont les pasteurs et les brebis sont le peuple. Image forte pour un peuple dont les ancêtres étaient des nomades se déplaçant avec leurs troupeaux au gré des pâturages. Image d’autant plus forte puisque, pour eux, le seul vrai pasteur et berger d’Israël c’est Dieu lui-même.

Jérémie, tout comme le fera un peu plus tard Ezéchiel, fustige donc les mauvais bergers. Mais alors que tout semble perdu, il ose annoncer le véritable berger qui viendra un jour rassembler le troupeau dispersé. Et Jésus, nous le savons, reprend à son compte l’image du pasteur et se déclare comme le vrai et bon pasteur qui donne sa vie pour se brebis.

Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.
(Ps 22)

Psaume 22. Ensemble vocal Hilarium © ADF Musique

« Le Christ est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité » (Ep 2, 13-18)

« Ils étaient comme des brebis sans berger »
(Mc 6, 30-34)

« En débarquant, est-il raconté à la fin du passage de l’évangile du jour, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. » C’est à plusieurs reprises que les évangélistes soulignent cette attitude de Jésus. Pourtant, dans ce même évangile, Marc témoigne aussi de l’attention de Jésus pour ses apôtres. Ceux-ci rentrent d’une première mission où ils se sont donnés à fond, et ils ont besoin de repos. Jésus répond à ce besoin.

Mais lui, Jésus, demeure sensible à toutes les détresses ! Dans leur détresse spirituelle ou matérielle, les gens continuent à l’appeler et il est toujours disponible.

Tout comme les apôtres, nous avons besoin et droit au repos. Mais que de fois nous sommes tentés de fermer la radio ou la télé, de nous boucher les oreilles pour ne plus entendre les cris de détresse surgissant de tout l’univers. Ceux-ci troublent notre tranquillité. Que pouvons-nous faire, d’ailleurs ? N’est-il pas plus sage d’accepter nos limites et celles du groupe où nous vivons ?

Savoir se reposer, prendre le temps de vivre : oui. Mais en même temps, ne jamais s’enfermer, savoir ouvrir notre cœur et notre porte à tous ceux qui ont faim d’amour et de miséricorde. Telle est l’exigence chrétienne. Elle ne saurait résulter d’une loi. Elle ne peut être qu’une réponse à l’appel de celui qui fut tout à tous, Jésus le bon pasteur.

Pour Paul, les divisions humaines se trouvent comme résumées symboliquement dans l’opposition entre juifs et païens. Les premiers vouaient une haine implacable à ces étrangers qui ont tenté de leur faire renier leur foi. Le souvenir des guerres de résistance aux souverains grecs est encore vivace ! Or l’apôtre, jadis farouchement attaché à son peuple, est devenu le témoin de l’Evangile dans le monde grec. Quand il y réfléchit, il est bouleversé. Il voit le résultat prodigieux de l’action du Christ qui, par sa mort, a affirmé l’amour dominant toute haine. Il s’est donné pour l’humanité toute entière, l’appelant à devenir une seule famille. Cette ouverture de notre cœur à la grande famille humaine qui n’a qu’un seul Père et un seul Pasteur demeure une exigence fondamentale et plus actuelle que jamais pour les disciples du Christ.

Marcel Baurier


Hymne mariale

A la cathédrale sainte Marie de Saint-Bertrand de Comminges (Haute-Garonne), un chant à la Vierge Marie s’élève à la fin de chaque office.

Nous vous invitons à chanter :

Je vous salue Marie – Notre-Dame du Rosaire (DP). Choeur Notre-Dame de Bordeaux © A revoir sur YouTube.


Photos du haut vers le bas : Vue d’ensemble, Vierge Marie du rétable, jubé, orgue, portail roman et maître-autel de la cathédrale Sainte Marie de St-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne). Père Marcel Baurier, Recteur de la cathédrale.
La cathédrale Sainte Marie de Comminges (XIe-XIVe siècle) contient entre ses murs, une église intérieure en bois de chêne (photos ci-dessus), ornée de splendides sculptures et décorée de marqueteries réalisées entre 1525 et 1535. Cet espace propose une méditation sur l’histoire du salut, depuis le péché originel jusqu’au paradis représenté au maître autel. Un orgue Renaissance fut également construit en 1551 (Source : diocèse de Toulouse). La cathédrale Sainte Marie est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO pour les chemins de St-Jacques de Compostelle.

Le Père Marcel Baurier, né en 1937, a été ordonné prêtre en juin 1964. Curé à Toulouse pendant quarante ans, il a été très jeune membre du Conseil épiscopal de l’Archidiocèse de Toulouse, secrétaire général du synode et vicaire épiscopal responsable de l’agglomération toulousaine. Ancien président de la radio chrétienne régionale, Radio Présence, de 1989 à 2009, il continue de nos jours certaines semaines à présenter des homélies à la radio. Il est Recteur de la cathédrale Sainte Marie à St-Bertrand de Comminges (Haute-Garonne) depuis septembre 2009, où il accueille les pèlerins dans ce haut lieu nommé « Sanctuaire du Comminges » sur le chemin de St-Jacques de Compostelle.


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