2° dimanche de Carême Homélie

TRANSFIGURATION du CHRIST JÉSUS
Prédication du Père Marcel Baurier Dimanche 28 février 2021

De la nuée se fit entendre une voix : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »

Lumière des hommes : Ensemble vocal l’Alliance, direction André Gouzes © Studio SM

Le sacrifice de notre père Abraham

Première lecture (Gn 22, 1-2.9-13.15-18). La première lecture d’aujourd’hui est le passage du sacrifice d’Abraham. Quelle est notre réaction spontanée ? En première réaction, nous trouvons sûrement que ce que Dieu demande à Abraham est absolument excessif… et même inadmissible… Il convient alors de nous rappeler qu’il s’agit d’un récit symbolique dont le but est de témoigner de la très grande foi d’Abraham. Mais de plus, l’intervention de Dieu arrêtant le couteau d’Abraham, signifie aussi de manière définitive, pour le peuple Hébreu, l’interdiction de la pratique de sacrifices humains, pratique qui était chose commune en ce temps-là chez les peuples de cette région du monde.  

Mais que signifient dans la Bible ces mises à l’épreuve par Dieu et pourquoi, pour nous encore de nos jours, ce sentiment que Dieu nous impose des épreuves ou qu’il nous éprouve. Ce sentiment naît, en partie, de notre conception de Dieu. Nous sommes toujours marqués, plus ou moins, par l’idée que Dieu est celui qui fait tout et régit tout, qui tire les ficelles des pauvres marionnettes que nous sommes… Mais c’est la vie elle-même avec ses aléas, ce sont nos existences particulières, parfois aussi notre propre responsabilité, qui sont à la source de nos épreuves. A nous, dans une relecture chrétienne, l’occasion de vivre les épreuves, de les surmonter et de grandir dans notre être chrétien.

« Dieu n’a pas épargné son propre Fils »

Deuxième lecture (Rm 8, 31b-34). Il est possible que ce récit de la Genèse ait été choisi dans la liturgie pour nous faire mieux apprécier la deuxième lecture : Abraham n’a pas dû aller jusqu’au bout et sacrifier son Fils, car Dieu l’a épargné. Mais Dieu, lui, nous a donné son Fils et ne l’a pas épargné mais il a été livré pour nous… Dieu nous a tout donné ! Et puisque Jésus, ayant donné sa vie, est ressuscité et qu’il intercède pour nous, comment ne pas vivre dans la plus totale confiance… ?

De la nuée lumineuse, la voix du Père a retenti :
« Ceci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »

Evangile (Mc 9, 2-10). L’événement de la Transfiguration est rapporté par Matthieu, Marc et Luc et raconté pratiquement de la même manière. Cela marque d’une part son importance mais d’autre part son authenticité. Nous pouvons retenir de ce récit : la grande blancheur des vêtements, la frayeur des trois apôtres (les trois mêmes qui seront au jardin des Oliviers avec Jésus au moment de son agonie), la nuée où lors de l’Exode Dieu était présent et accompagnait son peuple, la voix du Père qui redit les mêmes paroles que lors du baptême de Jésus.

Mais pourquoi Jésus demande-t-il aux trois témoins de ne rien dire… Dans l’évangile de Marc, l’interdiction de parler des miracles est constante : Jésus ne veut en aucun cas être pris pour un magicien. Mais ici, il y a plus. Pour l’heure ni les trois témoins, ni les autres apôtres, sans parler de disciples moins proches, tous sous le choc de l’annonce de la Passion, ne peuvent pas comprendre. Ils ne peuvent pas comprendre que la Transfiguration est un signe de la Résurrection « d’entre les morts. » Ils ne peuvent pas comprendre qu’il n’y a pas de Résurrection sans Passion et mort !

Sans nous étendre sur la nature de la voix qui se fait entendre de la nuée, croyons que Dieu parle encore et qu’il nous parle. Voix intérieure qui rejoint chacun de nous au plus profond de lui-même. A chacun de nous d’écouter le Seigneur qui lui parle. Cela suppose de se mettre en état pour cette écoute et cela s’appelle la prière.

Vivre les épreuves comme une occasion de grandir comme enfant de Dieu,
Faire une totale confiance à Dieu qui nous a tout donné en nous donnant son Fils,
Accueillir la voix de Dieu qui nous parle et nous demande d’écouter son Fils… 

Voici trois propositions possibles pour continuer notre Carême en ce deuxième dimanche. 

Marcel Baurier

Orgue : Romain Bastard. © Studio SM

Le Père Marcel Baurier, né en 1937, a été ordonné prêtre en juin 1964. Curé à Toulouse pendant quarante ans, il a été très jeune membre du Conseil épiscopal de l’Archidiocèse de Toulouse, secrétaire général du synode et vicaire épiscopal responsable de l’agglomération toulousaine. Ancien président de la radio chrétienne régionale, Radio Présence, de 1989 à 2009, il continue de nos jours certaines semaines à présenter des homélies à la radio. Il est Recteur de la cathédrale Sainte Marie à St-Bertrand de Comminges (Haute-Garonne) depuis septembre 2009, où il accueille les pèlerins dans ce haut lieu nommé « Sanctuaire du Comminges » sur le chemin de St-Jacques de Compostelle.

Du haut vers le bas : Abraham et Isaac (sculpture du jubé XVIème siècle ) et vue intérieure du jubé de la cathédrale sainte Marie de St-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne).


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Lumière des hommes. Chant (G 128-2). Paroles : Jean Martin / Musique : Michel Wackenheim © Le Chalet. Interprété par l’Ensemble vocal l’Alliance, direction Bertrand Laguette et Jean-Laurent Crevel. Les plus célèbres chants d’Eglise. Studio SM, 1999.
Orgue. Musique : André Gouzes © Éditions de l’Abbaye de Sylvanès. Interprété par Romain Bastard. Liturgie chorale du peuple de Dieu. Prière des jours. Studio SM, 2013.
Nota bene : Epheta œuvre suivant le magistère du concile Vatican II et du pape François et rassemble des chrétiens catholiques attentifs à nourrir et à augmenter leur fidélité de laïcs à leur vocation sacerdotale de baptisés. La liberté religieuse est un élément essentiel de la foi chrétienne, ce qui veut dire pour tout homme et toute femme liberté de chercher Dieu et d’adhérer à la vérité, de trouver la liberté intérieure donnée par Jésus Christ, d’apprendre à écouter son Esprit et de se laisser instruire en Eglise. Profondément soucieux et respectueux de ce que chaque fidèle, pèlerin ou retraitant, chercheur de Dieu, puisse sur son chemin personnel de foi être accompagné en Eglise pour s’ouvrir librement à Dieu, Epheta, association apostolique indépendante, s’attache le concours de partenaires et prédicateurs différents, clercs diocésains, ordres religieux et monastiques, communautés nouvelles et laïcs compétents, témoins des sensibilités spirituelles présentes au sein de l’Eglise catholique. Epheta ne peut cependant être regardé, nonobstant son charisme propre, comme étant assimilé, affilié, ou représentant un ordre religieux ou monastique, une institution ecclésiastique, ou un autre partenaire en particulier. (Article 9 des statuts de l’association.)