Homélie 18° dimanche temps ordinaire

Dimanche 1er août 2021
Prédication du Père Marcel Baurier
Cathédrale Sainte Marie

(Saint-Bertrand de Comminges)

L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Disciples rassemblés pour ce repas (A64-53-2). Ensemble vocal Resurrexit © Bayard Musique
(Voir les paroles)

« Du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous »
(Ex 16, 2-4.12-15)

Au cours de l’Exode, sur la route vers la terre promise, le peuple hébreu a bien perçu comme un don de Dieu la nourriture inattendue qui l’a sauvé de la famine. Il l’a reçue aussi comme une annonce de la « terre de lait et de miel » qu’il espérait. Il était encore loin de saisir toute la signification possible de ce don divin. Il lui reste un long chemin à parcourir avant de comprendre tout l’amour de Dieu et ce que Dieu attend de l’homme en réponse à son amour.

Sans vouloir nous mettre à la place de Dieu, regardons nos pratiques humaines. Quelle déception, lorsque la signification d’un cadeau préparé avec amour n’est pas comprise par le destinataire. La personne à qui on l’a offert a peut-être apprécié l’objet. Elle a pu même remercier celui qui l’a donné. Pourtant celui-ci peut souffrir en découvrant que ce qui était pour lui essentiel, le message d’amour dont le cadeau n’était que le signe, n’a pas été perçu. Il découvre ce qui le sépare de celui qu’il aime. Peut-être est-ce une question de sensibilité ou même parce qu’ils ne vivent pas dans le même univers spirituel.

Vivons-nous dans l’univers spirituel de Dieu ?  Peut-être un peu… Mais ne sommes-nous pas trop pris par nos faims humaines n’attendant de lui que la réponse à nos désirs immédiats ? Nous méconnaissons alors la richesse de ce qu’il nous offre. Nous pouvons rester étrangers au royaume de l’amour dans lequel il voudrait nous faire entrer. Sa découverte pourrait nous donner de vivre vraiment. Saurons-nous nous ouvrir à ce qu’il nous propose ?

Le Seigneur donne le pain du ciel !  
(Ps 77)

Psaume 77. Ensemble vocal Hilarium © ADF Musique

« Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon Dieu »
(Ep 4, 17.20-24)

Après avoir tenté de décrire ce qu’est la richesse du dessein de Dieu sur l’homme, Paul invite ses correspondants à répondre à leur vocation profonde. Pour cela ils doivent dépasser les désirs les plus spontanés de l’homme et se laisser renouveler intérieurement par le Seigneur.

« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim,
celui qui croit en moi n’aura jamais soif »
(Jn 6, 24-35)

La première lecture du livre de l’Exode permet de mieux accueillir l’évangile. Jean explicite ici le malentendu entre Jésus et ceux qui ont bénéficié de la multiplication des pains, comme leurs ancêtres avaient bénéficié de la manne. Ceux qui ont donc bénéficié de la multiplication des pains et pu se rassasier, ne voient en lui que le faiseur de prodiges dont ils attendent qu’il renouvelle ses miracles… si possible à leur profit.

Certes, Jésus a eu pitié des foules affamées et « qui étaient comme des brebis sans berger. » Mais vivant dans le rayonnement du Père, Jésus les appelle à vivre la réalité d’amour qui est la sienne. Seuls ceux qui avaient la foi pouvaient comprendre le « pain de vie » et reconnaître que le don essentiel c’était Jésus lui-même, manifestation de l’amour de Dieu. Accepter cet amour, c’est vivre pleinement.

Nous savons quand nous communions que nous ne prenons pas le pain eucharistique, le corps du Christ, comme une nourriture qui pourrait satisfaire notre corps. Mais bien souvent, en célébrant ce rite religieux, peut-être réduisons-nous ce signe à la mesure de nos désirs. Pourrions-nous ne pas rester prisonniers de nos désirs et nos faims sensibles et redécouvrir dans toute sa profondeur le mystère de l’amour auquel nous sommes conviés à travers lui ?

Marcel Baurier


Hymne mariale

A la cathédrale sainte Marie de Saint-Bertrand de Comminges (Haute-Garonne), un chant à la Vierge Marie s’élève à la fin de chaque office.

Nous vous invitons à chanter :

Toi, Notre Dame (V153). Ensemble vocal l’Alliance © ADF Musique
(Voir les paroles)


Photos du haut vers le bas : Vue d’ensemble, Vierge Marie du rétable et jubé de la cathédrale Sainte Marie de St-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne). Père Marcel Baurier, Recteur de la cathédrale.
La cathédrale Sainte Marie de Comminges (XIe-XIVe siècle) contient entre ses murs, une église intérieure en bois de chêne (photo ci-dessus), ornée de splendides sculptures et décorée de marqueteries réalisées entre 1525 et 1535. Cet espace propose une méditation sur l’histoire du salut, depuis le péché originel jusqu’au paradis représenté au maître autel. Un orgue Renaissance fut également construit en 1551 (Source : diocèse de Toulouse). La cathédrale Sainte Marie est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO pour les chemins de St-Jacques de Compostelle.

Le Père Marcel Baurier, né en 1937, a été ordonné prêtre en juin 1964. Curé à Toulouse pendant quarante ans, il a été très jeune membre du Conseil épiscopal de l’Archidiocèse de Toulouse, secrétaire général du synode et vicaire épiscopal responsable de l’agglomération toulousaine. Ancien président de la radio chrétienne régionale, Radio Présence, de 1989 à 2009, il continue de nos jours certaines semaines à présenter des homélies à la radio. Il est Recteur de la cathédrale Sainte Marie à St-Bertrand de Comminges (Haute-Garonne) depuis septembre 2009, où il accueille les pèlerins dans ce haut lieu nommé « Sanctuaire du Comminges » sur le chemin de St-Jacques de Compostelle.


Epheta Editions remercie du concours apporté à cette publication :


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